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Lez'Incorrectes Forum Toulousain des Lesbiennes Politiquement incorrectes
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Message |
mi ptite posteuse
Inscrit le: 17 Nov 2006 Messages: 73
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Posté le: Mer 31 Jan 2007 12:40 pm Sujet du message: air du temps |
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Je propose une rubrique coup de cœur littéraire du moment avec ou sans rapport à l’homosexualité ou au féminisme.
Jonathan safran Foer, Extrêmement fort et incroyablement près.
Edition l’olivier.
Le premier roman de Jonathan Safran Foer, 'Tout est illuminé', a été adapté par Liev Schreiber, avec Elijah Wood dans le rôle de l'alter ego de Foer.
Son deuxième roman, met en scène les errances new-yorkaises d'Oskar Schell, neuf ans, inventeur, entomologiste, épistolier, francophile, pacifiste, consultant en informatique, végétalien, origamiste, percussionniste, astronome, collectionneur de pierres semi-précieuse, de papillons morts de mort naturelle, de cactées miniatures et de souvenirs des Beatles, en quête de la serrure qu'ouvrirait la clé qu'il a trouvée dans les affaires de son père, disparu dans le World Trade Center ce fameux 11 septembre.Il rencontrera un ancien journaliste sourd qui cloue son lit et fait des fiches sur tout homme public, une femme riche, une autre vivant sur la tour de Manhattan, …et réveillera les tacites et blessures ouvertes de sa famille.
C’est un livre objet(photos, pages blanches ou en couleurs, …), un p’tit bijou.
Extrait p155
« Plus je m’efforçais de ne pas penser à elle, plus je pensais à elle, je fis tout le trajet entre nos deux maisons la tête baissée, encore une fois elle n’était pas là, j’avais envie de crier son nom mais je ne voulais pas qu’elle entende ma voix, tout mon désir reposait sur notre unique et bref échange, au creux de la paume de notre demi-heure ensemble il y avait cent millions de discussions, d’aveux impossibles, et de silences. J’avais tant de choses à lui demander, »aimes tu te mettre à plat ventre pour regarder sous la glace ? » « Aimes tu les pièces de théâtre ? » « Aimes tu entendre quelque chose avant de le voir ? » J’y retournais le lendemain, la marche fut épuisante, à chaque pas je me convainquais un peu plus qu’elle avait pensé du mal de moi, ou pire qu’elle n’avait pas pensé à moi du tout, je marchais la tête basse, le couvre chef à large bord enfoncé sur les yeux, quand on cache son visage au monde, on ne voit pas le monde, et ce fut pourquoi au milieu de ma jeunesse, au milieu de l’Europe, à mi-chemin de nos deux villages, sur le point de tout perdre, je me heurtai à quelque chose qui me renversa par terre. Il me fallut plusieurs inspirations pour reprendre mes esprits, je crus d’abord que je m’étais cogné contre un arbre, mais cet arbre devint une personne, qui se remettait elle aussi du choc, sur le sol, et puis je vis que c’était elle, et elle vit que c’était moi. « Bonjour », dis je en m’époussetant, « Bonjour » »ce que c’est drôle » « oui » Comment expliquer ? « Ou vas tu ? »demandais je »je me promène, dit elle, et toi » »je me promène » Nous nous aidâmes à nous relever, elle chassa des feuilles de mes cheveux, j’eus envie de caresser les siens. »Ce n’est pas vrai dis-je, sans savoir ce que seraient les mots qui sortiraient ensuite de ma bouche, mais voulant qu’ils soient miens, voulant, plus que je n’avais jamais voulu quoi que ce soit, exprimer le centre de mon être, et qu’il soit compris. »Je venais te voir, lui dis je. Je suis venu chez toi tous les jours depuis 6 jours. Pour je ne sais quelle raison j’avais besoin de te revoir » Elle se tut, je m’étais ridiculisé, et il n’y a rien de mal à ne pas se comprendre soi-même et elle éclata de rire, elle rit plus fort que j’avais l’impression d’avoir jamais entendu rire, le rire amena les larmes, et les larmes amenèrent d’autres larmes, et puis je me mis à rire aussi, rire de honte, une honte profonde, totale, »je venais vers toi », dis je encore, comme pour mieux m’enfoncer dans ma merde, « parce que je voulais te revoir », elle n’arrêtais pas de rire, « c’est donc pour ça « dit elle quand elle fut capable de parler. »pour ça ? » « C ‘est pour ça que, depuis 6 jours, tu n’étais jamais chez toi »nous cessâmes de rire, je pris le monde à bras le corps pour le remettre en ordre et j’aboutis à une question que je lui lançai : « je te plais ? » |
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marco Membre active
Inscrit le: 22 Mar 2006 Messages: 618 Localisation: toulouse
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Posté le: Jeu 08 Fév 2007 1:02 pm Sujet du message: |
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oui, c'est LA question : "je te plais"?
simple, incroyablement dangereuse.
en ce moment je lis "ligne de faille", nancy houston.
le narrateur est un garçon de 6 ans, couvé par sa mère qui le surprotège tant qu'il va assouvir seul sa curiosité, sur internet, en cachette, il s'intéresse à tout, surtout à tout ce qui n'est pas de son âge. grandit dans l'idée qu'il est jésus, un sauveur, quelqu'un d'extraordinaire, tout à fait cohérent par rapport à la façon dont sa mère le regarde.
j'ai appris plus tard que ce livre est une "tête de gondole" rapport au prix fémina... mais ce n'est pas très grave, il est chouette.
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