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calendrier Ipso Facto

 
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Libertinazed
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Inscrit le: 21 Mar 2006
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MessagePosté le: Dim 12 Nov 2006 4:23 pm    Sujet du message: calendrier Ipso Facto Répondre en citant

Céline Tiberghien lance la nouvelle version du calendrier Ipso Facto À travers le nouveau calendrier Ipso Facto «Au Fil des Saisons», Céline Tiberghien contribue à la visibilité lesbienne.



Vous connaissez sans doute les calendriers Ipso Facto avec les photos de Cathy Peylan? Céline Tiberghien est la directrice de cette association LGBT qui vient juste de prendre le statut de petite entreprise. Cheveux bruns courts, silhouette fine et musclée, cette jeune femme apparaît aussi vive qu'entreprenante. Âgée de 33 ans, elle a déjà parcouru beaucoup de chemin dans l'univers lesbien. Et avec quelques amies, il y a trois ans, elle décide de se lancer dans l'aventure: elle crée les calendriers et T-shirts Ipso Facto pour offrir une visibilité lesbienne supplémentaire.




Y a-t-il eu une évolution de la représentation des lesbiennes en France?
Oui, surtout depuis ces dernières années. Quand j'ai eu ma première copine, il y a 20 ans, je n'avais aucune représentation à ma portée. Comment se définir, comment exister quand on a juste un concept vide et que la connotation est négative dans la bouche des personnes qui vous entourent? Tout ce qui existait, c'était un mot, une sorte d'étiquette sans aucune résonance. J'avais la sensation d'être seule au monde. Donc je ne pouvais pas m'identifier. J'étais à la recherche de la moindre ambiguïté entre deux femmes que je pouvais recueillir dans les romans que je lisais, les photos que je trouvais…



Une série comme «The L Word» peut-elle alors être un point d'appui pour les jeunes générations dans leur quête d'identité? Oui, mais pas seulement pour les jeunes générations. Même si je me considère aujourd'hui comme une lesbienne émancipée, cette série a élargi mon champ de vision: je me suis retrouvée sur une autre planète, dans un endroit où les filles vivent pleinement en tant que femmes lesbiennes. C'est un nouveau point de repère: il est donc possible d'être aussi libérée, sans complexe! Ce qui me plaît, c'est qu'elles semblent vraiment à l'aise. Pas la peine de demander aux autres d'être plus tolérants, c'est à chacune d'entre nous plutôt de pousser les portes, et ce, sans agressivité.



Donc vous nous invitez à repousser les limites? Exactement. On a les limites qu'on se fixe. Moi-même, j'ai pris conscience de cette notion quand je faisais partie de l'équipe de France de hockey subaquatique. Il m'est arrivé un jour de pleurer dans mon masque lors d'un entraînement particulièrement difficile. Après coup, je n'avais plus la même perception de ce qui était possible ou non: j'avais dépassé les limites que j'avais imaginées. Suite à cela, j'ai pu reconstruire une nouvelle vision, beaucoup plus vaste, du champ de mes possibilités. C'est ce qui m'a donné de la force dans mes projets.



Vos projets… Quels sont-ils justement? Continuer de me sentir mieux jour après jour, me réaliser affectivement et professionnellement. Il me semble que c'est important que chaque individu se donne les moyens de s'épanouir, d'atteindre plus de légèreté, pour se permettre de vivre et d'être bien dans sa peau. Travailler d'abord sur soi-même permet de faire réellement avancer les choses en soi, mais aussi autour de soi. Et cette évolution dépend principalement de nous, mais aussi des rencontres que l'on va faire.



Que pensez-vous de la visibilité des lesbiennes aujourd'hui? Elle existe, mais on peut faire mieux encore... Il est beaucoup plus aisé de se procurer des livres, de voir des films, de trouver des magazines qui parlent d'homosexualité féminine aujourd'hui. Il m'arrive aussi de plus en plus de tomber par hasard sur des représentations de lesbiennes à la TV dans des séries, des reportages ou encore dans des revues… Mais je ressens encore une certaine frilosité ambiante. On a encore beaucoup de chemin à parcourir avant de vraiment faire partie du «paysage» quotidien, notamment en termes de droits. La seule figure lesbienne qui peut servir de référence, c'est Amélie Mauresmo. J'ai beaucoup d'admiration pour son courage. Sinon, il y a des médias lesbiens, des structures dynamiques: Cineffable qui accueille des milliers de femmes d'Europe, alors qu'elles ne sont qu'une trentaine à se démener pour tout organiser.



Comment considérez-vous la communauté lesbienne? Elle a beaucoup évolué, il y a plus d'initiatives: les lesbiennes cessent de subir. Mais j'invite toutes les personnes qui pensent qu'il manque quelque chose dans la visibilité lesbienne à agir: quels moyens se donnent-elles pour faire évoluer les choses? Arrêtons de souhaiter que ce qui manque arrive par les autres. Que chacune devienne actrice plutôt que de rester en attente. Les générations qui précèdent la mienne ont fait un boulot énorme. Et aujourd'hui, les plus jeunes me semblent beaucoup mieux dans leurs baskets: elles se sentent sûrement plus libres qu'il y a une quinzaine d'années. Sinon, il existe encore des guerres entre les différents styles de lesbiennes. Bien sûr, c'est très intéressant de s'interroger sur la question des genres, mais beaucoup de filles jugent encore les autres. Celles qui jugent le plus sont aussi celles qui souffrent le plus: cela trahit souvent un manque d'acceptation de soi-même. C'est ce qu'il y a de plus épuisant dans mon travail: me retrouver face à cette détresse, avec des femmes qui n'ont pas encore trouvé leur chemin.





Pour retrouver le site d'Ipso Facto et les calendriers, cliquez ici.



Si vous voulez en savoir plus sur le making-of, cliquez directement sur le nom de la photographe: Anne Dri-Rollin pour un printemps chimique, Cathy Peylan pour un été d'évasion, Sylvie Barco pour un automne en apesanteur et Émilie Jouvet pour un hiver électrique.





par Charlotte Bourgeois

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