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J'ai envie de vomir...

 
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octavie
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Inscrit le: 05 Mai 2007
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MessagePosté le: Jeu 03 Jan 2008 11:28 am    Sujet du message: J'ai envie de vomir... Répondre en citant

Le martyr de la journaliste kazakhe Lira Baiseitova
Par Ian Hamel (Journaliste) 20H29 22/12/2007

Pour avoir critiqué le régime du président Nursultan Nazarbaev, la journaliste Lira Baiseitova a perdu un oeil. Et sa fille unique, enlevée et torturée avant d'être tuée. "J'étais tout simplement, pour ne pas dire tout bêtement, naïve. Je croyais que l'on pouvait écrire la vérité au Kazakhstan", répète Lira Baiseitova, 54 ans, comme pour s'excuser. Handicapée, cette journaliste kazakhe survit avec moins de 600 euros par mois dans un petit appartement de Thônex, dans la banlieue de Genève.

Son histoire peut se résumer ainsi. Issue d'un milieu bourgeois, son père était journaliste littéraire à l'époque soviétique, Lira possède une formation de juriste et d'économiste, a travaillé dans une société pétrolière et habité une villa cossue à la campagne. Celle qui est aujourd'hui réfugiée politique raconte: "C'est en voyant des personnes âgées contraintes de vendre des objets personnels pour survivre que je me suis rendu compte que tout n'allait pas pour le mieux dans le Kazakhstan postsoviétique." Lira Baiseitova crée alors "Respublika 2000", un hebdomadaire tiré à 35000 exemplaires. La journaliste suisse Laurence Deonna se souvient de l'avoir vue arpenter les rues à cheval "afin de démontrer que, pour se déplacer dans ce quartier abandonné à la boue depuis la chute du communisme, mieux valait une monture qu'une voiture".

La fortune suisse du président Kazakh
Rapidement, le pouvoir alterne les menaces et les promesses (voiture de fonction, emploi officiel, appartement luxueux). Le 15 septembre 2000, elle consacre un reportage aux détournements de fonds dans une raffinerie de pétrole. Lira est alors sauvagement agressée. Son nerf optique est atteint, elle perd un oeil. Il en faut plus pour décourager cette solide Kazakhe, férue d'équitation et de tir à l'arc. Invitée à Genève par Laurence Déonna, alors présidente de la section suisse de Reporters sans frontières, Lira Baiseitova rencontre le procureur général Bernard Bertossa, l'un des magistrats européens les plus engagés dans la lutte contre le blanchiment: "Bertossa lui confirme que oui, tout ce joli monde, à savoir le Président, deux ex-ministres kazakhs et leurs familles respectives, dissimulent bel et bien des fortunes dans des banques suisses. Un épisode rapporté par Laurence Déonna dans son livre "Kazakhstan, bourlinguer en Asie centrale postsoviétique". Aussitôt rentrée dans son pays, Lira Baiseitova publie l'interview de Bernard Bertossa dans "SolDat", un journal kazakh d'opposition, son hebdomadaire "Respublika 2000" ayant disparu. Leila, sa fille, enlevée, torturée, tuée.
La réaction ne se fait pas attendre. Une horde de casseurs armés de barres de fer tabassent les journalistes de "SolDat", détruisent les dossiers, écrabouillent les ordinateurs. Le 22 mai 2002, Leila, 25 ans, la fille unique de Lira, est enlevée. Elle ne la reverra plus vivante. La journaliste apprend que sa fille, mère d'un petit garçon, est détenue par la police pour trafic de drogues. Prétexte classique. Leila aurait été surprise à l'entrée d'un immeuble, dissimulant sous la ceinture de son jean 158 grammes d'héroïne. Le 21 juin, le corps de Leila est rendu à sa famille. Il porte des bleus, des ecchymoses, un hématome derrière l'oreille, un doigt cassé, la plante des pieds éraflée de partout, les organes génitaux meurtris. Effondrée, la journaliste préfère envoyer son petit-fils Alanbek en sécurité en Suisse. Puis, elle quitte elle aussi le Kazakhstan. Grâce aux démarches de Laurence Déonna, Lira Baiseitova a pu obtenir l'asile politique dans la Confédération.

"Mes amis journalistes disparaissent"
Au terrorisme d'Etat se sont ajoutés des drames personnels. Victime d'une opération ratée du dos, la journaliste kazakhe vit sous morphine. Durant notre rencontre dans son appartement de Thônex, elle se lèvera sans cesse, incapable de tenir plus de quelques minutes assise. Lira raconte: "Je ne peux plus travailler devant un ordinateur. Il m'est impossible de continuer à collaborer à des sites indépendants ou d'opposition du Kazakhstan."
Maîtrisant encore mal le français, elle vit isolée au bout du lac Léman. Quant à son petit-fils Alanbek, vraisemblablement plus à l'aise dans les steppes que dans la paisible Confédération, il a été envoyé dans un établissement pour jeunes délinquants à Sion, dans le canton du Valais. Il faut dire qu'après sa mère, c'est son père qui est mort en 2007 dans des circonstances mystérieuses. "La plupart des journalistes que je connaissais ont disparu brutalement. Certains ont été renversés par une voiture. D'autres n'ont plus donné signe de vie, du jour au lendemain. Les enquêtes menées par la police et la justice n'aboutissent jamais. Les hommes de main du pouvoir ne sont pas inquiétés."
Pour Laurence Déonna, son ange gardien, la journaliste kazakhe souffre d'un autre mal: "Au Kazakhstan, Lira Baiseitova était quelqu'un. En danger, certes, mais quelqu'un. A Genève, elle n'est plus personne."

Source : www.rue89.com
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excalibur
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MessagePosté le: Jeu 03 Jan 2008 12:00 pm    Sujet du message: Répondre en citant

c'est horrible Confused
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Steph
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Inscrit le: 27 Avr 2006
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MessagePosté le: Jeu 03 Jan 2008 12:29 pm    Sujet du message: Répondre en citant

quelle horreur Crying or Very sad
_________________
"La nuit qu'on la tua, Roswita eut de la chance:des trois balles qu'elle reçut, une seule fut mortelle"
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octavie
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MessagePosté le: Lun 21 Jan 2008 5:06 pm    Sujet du message: Répondre en citant

" Je ne suis plus qu'une voix désincarnée " (Taslima Nasreen)

Traquée par les fondamentalistes islamistes en Inde, l'auteure bengalie témoigne de l'étendue de son abandon
Le Monde, 12 janvier 2008

Où suis-je ? Je suis sûre que personne ne me croira si je dis que je n'ai pas de réponse à cette question qui paraît simple, mais la vérité est que je n'en ai pas. Je suis comme les morts-vivants : engourdie, privée des plaisirs de l'existence et de l'expérience, dans l'incapacité de sortir des limites étouffantes de ma chambre. Oui, c'est ainsi que je survis.

Ce cauchemar n'a pas commencé lorsque j'ai été embarquée sans ménagement de Calcutta - il dure depuis un moment déjà. C'est une sorte de mort lente et lancinante, comme si je buvais à petites gorgées une coupe remplie d'un poison à effet lent qui détruit peu à peu toutes mes facultés. C'est une conspiration en vue d'assassiner mon être même, autrefois si courageux, si dynamique et si enjoué. Je ne suis plus qu'une voix désincarnée. Ceux qui me soutenaient par le passé ont disparu dans les ténèbres.

Je me demande : quel crime odieux ai-je commis ? Quel genre de vie est-ce quand je ne peux ni sortir de chez moi ni connaître les joies de la compagnie des autres êtres humains ? Quel crime ai-je donc commis pour être obligée de passer ma vie cachée, reléguée dans l'obscurité ? Je me sers des mots, et non pas de la violence, pour exprimer mes idées. Jamais je n'ai jeté de pierres ni n'ai versé le sang pour faire part de mon avis. Pourtant, on me considère comme une criminelle. Je suis persécutée parce que l'on a estimé que le droit des autres à donner leur opinion était plus légitime que le mien.

L'Inde réalise-t-elle l'immense souffrance que l'on éprouve quand on doit renoncer à ses convictions les plus chères ? A quel point il a fallu que je me sente humiliée, effrayée et anxieuse pour laisser mes mots être censurés ? Si je n'avais pas accepté que mes écrits aient été expurgés de façon grotesque par ceux qui y tenaient tant, j'aurais été traquée et poursuivie jusqu'à ce que je tombe raide morte. Leur politique, leur foi, leur barbarie et leurs intentions diaboliques ont pour but d'aspirer mes forces vitales, les vérités que j'écris sont trop difficiles pour eux à digérer. Comment puis-je - moi qui n'ai aucun pouvoir et aucune protection - combattre la force brute ? Toutefois, quoi qu'il advienne, je ne me résignerai pas au mensonge.

Qu'ai-je à offrir hormis l'amour et la compassion ? Je suis assez réaliste pour savoir que le conflit, la haine, la cruauté et la barbarie font partie intégrante de la condition humaine. Si je venais à être éliminée ou exterminée, le monde s'en ficherait comme d'une guigne. Tout cela, je le sais. Pourtant, j'avais imaginé que le Bengale serait différent. J'avais cru que jamais le Bengale que j'aime avec tant de passion ne m'abandonnerait. Il l'a fait.

Exilée du Bangladesh, durant des années j'ai erré de par le monde comme une orpheline perdue. Quand le Bengale occidental m'a offert l'asile, j'ai eu le sentiment que toutes ces années de fatigue et d'hébétude étaient derrière moi. J'étais en mesure de reprendre une vie normale dans un pays aimé et familier. Tant que je survivrai, je porterai en moi les paysages du Bengale, son soleil, sa terre humide, son essence même. Ce même Bengale qui a été un sanctuaire que j'ai rejoint après avoir parcouru des kilomètres entachés de sang vient de me tourner le dos. Je suis bengalie, à l'intérieur comme à l'extérieur ; je vis, je respire, je rêve en bengali. Que l'on ne veuille plus de moi au Bengale m'est difficile à croire.

Dans ce pays où je suis une invitée, je dois prendre garde à ce que je dis, ne rien faire qui enfreigne le code de l'hospitalité. Je ne suis pas venue ici dans l'intention de blesser les sentiments de qui que ce soit. Meurtrie et blessée dans mon propre pays, j'ai enduré des affronts et des blessures dans bien d'autres endroits avant d'arriver en Inde, où je savais que j'en endurerais de nouveau. Car il s'agit d'un pays démocratique et laïque, où le système électoral implique que la voix d'un laïc équivaut à celle d'un fondamentaliste islamiste. Je me refuse à le croire. Je refuse de l'entendre. Pourtant, partout autour de moi, j'en lis, entends et vois la preuve. Je voudrais parfois être comme ces singes mythiques, indifférente au mal qui m'entoure. La mort qui désormais me rend visite sous des formes multiples m'apparaît comme une amie. J'ai envie de lui parler, de me confier à elle. Je n'ai personne d'autre à qui parler, personne d'autre à qui me confier.

J'ai perdu mon Bengale tant aimé. Aucun enfant arraché au sein de sa mère n'a souffert autant que j'ai souffert de cette douloureuse séparation. Encore une fois, j'ai perdu la mère dans le ventre de laquelle je suis née. La douleur n'est pas moindre que celle qui a été la mienne le jour où j'ai perdu ma mère biologique. Après m'être installée à Calcutta, j'ai pu dire à ma mère - qui n'était alors plus qu'un souvenir en moi - qu'enfin j'étais rentrée. Quelle importance que je sois d'un côté ou de l'autre d'une frontière artificielle ? Aujourd'hui, je n'ai pas le coeur de dire à ma mère que j'ai été expulsée sans cérémonie par ceux-là mêmes qui m'avaient offert l'asile, que ma vie actuelle est celle d'une nomade. Du coup, j'ai fini par me convaincre que j'avais dû transgresser quelque chose, commettre quelque grave erreur. Oser dire la vérité est-il un péché si épouvantable dans cette époque de mensonge et de tromperie ? Est-ce parce que je suis une femme ?

Je sais que je n'ai pas été condamnée par le peuple. Si on lui avait demandé son avis, je suis certaine que la majorité aurait voulu que je reste au Bengale. Mais depuis quand une démocratie reflète-t-elle la voix des masses ? Une démocratie est dirigée par ceux qui tiennent les rênes du pouvoir qui agissent comme bon leur semble. Individu insignifiant que je suis, je dois maintenant vivre ma vie selon mes propres termes et écrire sur ce que je crois et qui me tient à coeur. Je n'ai aucun désir de faire du mal, de calomnier ou de tromper. Je ne mens pas. J'essaie de ne pas être insultante. Je ne suis qu'un simple écrivain qui ne connaît ni ne comprend rien à la dynamique politique. La force du fondamentalisme, à laquelle je me suis opposée et que j'ai combattue pendant des années, n'a été que renforcée par ma défaite.

Voici mon Inde tant aimée, où j'ai vécu et ai écrit sur l'humanisme laïque, les droits de l'homme et l'émancipation des femmes. C'est aussi le pays où j'ai dû souffrir et payer au prix fort mes convictions les plus profondes, où pas un seul parti politique de quelque obédience que ce soit n'a pris la parole en ma faveur, où aucune ONG ni aucun groupe défendant les droits des femmes ou les droits de l'homme ne m'a soutenue, ni n'a condamné les attaques malveillantes lancées à mon encontre. Cette Inde-là, je ne l'avais encore jamais connue. Il est vrai que des individus, de manière dispersée et non organisée, se battent pour ma cause, et que des journalistes, des écrivains et des intellectuels se sont exprimés en ma faveur, même s'ils n'ont jamais lu une ligne de ce que j'ai écrit. Je leur suis reconnaissante de donner leur opinion et de me témoigner leur soutien.

Partout où des individus se rassemblent en groupes, ils semblent perdre leur pouvoir de parler. Pour être franche, cette facette de la nouvelle Inde me terrifie. Depuis ma plus tendre enfance, j'ai considéré l'Inde comme un grand pays, une nation pleine d'audace. Le pays de mes rêves : éclairé, fort, progressiste et tolérant. J'ignore si je survivrai, mais l'Inde et ce qu'elle représente doit à tout prix survivre.

Taslima Nasreen (Traduit de l'anglais par Pascale Haas)

Taslima Nasreen a reçu le 9 janvier le premier prix Simone-de-Beauvoir pour la liberté des femmes avec Ayaan Hirsi Ali. Elle a donné ce texte à cette occasion.
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octavie
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MessagePosté le: Ven 29 Fév 2008 3:59 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Taslima, suite :

La chambre où je suis au secret. . .
(traduction de Michèle Causse)

LA PIÈCE Où JE VIS MAINTENANT a une fenêtre fermée.
Une fenêtre que je ne peux pas ouvrir du tout.
Un épais rideau la dissimule et je ne peux pas le tirer à ma guise
JE vis maintenant dans une pièce
où je ne peux pas ouvrir la porte à volonté ni franchir le seuil.
je vis dans une pièce dont les seuls habitants animés sont
deux lézards mal en point sur le mur. Aucun humain, aucune créature
ressemblant à un homme n'est autorisée à entrer ici.
Je vis dans une pièce où j'éprouve la plus grande peine à respirer.
Pas un bruit alentour, sinon le choc de la tête se tapant contre le mur.
Personne au monde ne me voit à l'exception du couple de lézards.
Ils regardent les yeux grands ouverts, qui sait s'ils sentent la
douleur.-Peut-être la sentent-ils.
Pleurent-ils aussi quand je pleure?
Je vis dans une pièce où je ne veux pas vivre,
où je suis forcée de vivre.
Une pièce où le régime démocratique me force à vivre des jours sans fin.
Une pièce dans le noir, dans l'incertitude, la menace rôdant.
Affligée, respirant avec difficulté, le régime me force à vivre
dans une pièce où la laïcité me vide goutte à goutte de ma vie
Une pièce où l'Inde chère à mon coeur me tient au secret...
Je ne sais pas si tous ces hommes affairés ou ces créatures qui
ressemblent à des hommes
auront seulement deux minutes à consacrer au tas
sans vie qui sortira de la pièce un jour,
un tas pourri, visqueux, un tas d'os.
La mort me délivrera-t-elle ? N'est-ce pas la mort qui rend libre un jour ?
Libre enfin de franchir le seuil.
Les lézards détourneront le regard toute la journée,
peut-être se sentiront-ils tristes aussi.
Quelqu'un m'enterrera, peut-être un fonctionnaire de l'Etat.

Enveloppée dans le drapeau de la démocratie, dans le sol de mon Inde chère.
Je trouverai un foyer enfin, sans aucun seuil à franchir,
je trouverai un foyer où respirer sera enfin aisé.

Taslima Nasreen
__________________________________________________
VERSION ORIGINALE EN ANGLAIS (spécial pour les anglophones de ce site, paraît qu'il y en a... Laughing )

The room in which I now live has a closed window,

A window that I cannot open at will.
The window's covered with a heavy curtain that I cannot move at will.
I live in a room now,
Where I cannot open the door at will, cannot cross the threshold.
I live in a room, where the only other living inhabitants are
Two sickly lizards on the wall. No man or any creature resembling a
man is allowed here.
I live in a room where I find it a great strain to breathe.
There's no sound around, but for banging your head against the wall.
Nobody else in the world watches, expect the couple of lizards.
They watch with eyes wide open, who knows if they feel the pain-Maybe
they feel it.
Do they too cry, when I cry?
I live in a room where I don't want to live,
A room where I am forced to live,
A room where democracy forces me to live for days unending,
In a room in the dark, in incertitude, with a threat hanging,
In pain, breathing with difficulty, democracy forces me to live,
In a room where secularism drains me away of life, drop by drop.
In a room my dear India forces me . . .
I do not know if all those overbusy men or creatures that look like
men will have a couple of seconds to spare to turn to
The lifeless lump that comes out of the room some day,
A rotten, greasy lump, a lump of bones.
Will death be release? It's death perhaps that sets one free,
Free at last to cross the threshold.
The lizards will stare away the whole day,
Maybe they too will feel sad.
Someone will bury me, maybe a government man,

Wrapped in the flag of democracy, in the soil of my dear India.
I'll find a home there at last, with no threshold to cross,
I'll find a home there where breathing will be easy.

Taslima Nasreen
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