pneu ptite posteuse
Inscrit le: 11 Déc 2007 Messages: 95 Localisation: Toulouse
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Posté le: Ven 22 Fév 2008 5:44 pm Sujet du message: intersexuation |
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Le développement sexuel de l'embryon commence à la huitième semaine de grossesse. Il est influencé par trois facteurs :
- génétique : la 23ème paire de chromosomes (XX ou XY le plus souvent, mais aussi X, XXY,…),
- hormonal,
- environnemental : les conditions de la grossesse, la prise de médicaments, le contact avec des pesticides ou autres produits chimiques,…
A la naissance, les médecins déterminent le sexe biologique du nouveau né suivant trois critères :
- phénotypique : aspect des organes génitaux externes,
- gonadique : présence d'ovaires et de testicules,
- génétique : la 23ème paire de chromosomes du caryotype.
La naissance de l'enfant et son sexe administratif doivent être déclarés en mairie sous 48 heures.
Les études psychosociales montrent que les enfants reçoivent des soins différents selon qu'ils sont fille ou garçon : ce vécu corporel influence la construction, une différence s'établit donc très tôt entre les genres.
Les personnes intersexes ne correspondent pas aux traditionnels critères de détermination sexuelle : gènes / gonades / phénotype. Ils présentent un passage inhabituel du génétique au phénotype.
Anciennement, ils étaient appelés hermaphrodites.
Parfois, l'intersexuation est visible dès la naissance, d'après un phénotype atypique (pénis avec vagin, sans testicules, phalloclit avec ou sans vagin,…).
Souvent, l'intersexuation n'est découverte qu'à l'adolescence. La puberté sera déclenchée artificiellement par hormonothérapie.
Selon Sharon Preves, les intersexes représentent 4% de la population. Mais seuls les intersexes identifiés à la naissance sont recensés, il s'agit de 1 naissance sur 2000.
La naissance d'un enfant intersexué est souvent vécue comme une tragédie pour les parents. Le poids social est très fort : le médecin annonce aux parents que leur enfant est anormal : ni fille ni garçon, or l'enfant doit être déclaré fille ou garçon sous 48 heures, les amis et la famille sont curieux de connaître le sexe et le prénom du nouveau né.
L'équipe médicale est alors perçue comme la seule ressource. Elle proposera le plus souvent une intervention chirurgicale d'assignation : il s'agit de modifier les organes génitaux du nouveau né pour les rendre "normaux" . La règle est la suivante : le chirurgien choisit le sexe le plus facile à reconstituer. Le sexe féminin est le plus facile à reconstituer : le phalloclit est réduit et un vagin est formé. Cette intervention entraîne souvent des séquelles nécessitant des reprises successives (notamment la formation du vagin que les parents doivent dilater régulièrement par l'insertion d'un dilatateur, geste traumatisant pour l'enfant car il est vécu comme un viol), et altère le fonctionnement des organes sexuels (notamment leur fonction érogène). Les parents sont invités à garder le secret sur cette intervention, afin de favoriser le bien être de leur enfant.
Les personnes assignées éprouvent parfois une difficulté à vivre le genre qu'on leur a attribué, c'est une dysphorie de genre (désignation médicale d'un trouble créé par le corps médical lui-même). A l'age adulte, elles pourront entrer dans un processus de transsexualisation afin de retrouver leur "genre ressenti". Outre ce malaise, c'est l'identité même des intersexes qui leur est enlevée.
Les personnes non assignées sont souvent victimes de rejet et de moquerie, d'où une difficulté à trouver une place et un rôle dans la société, d'où une marginalisation parfois extrême. Les traitements hormonaux engendrent souvent des effets secondaires lourds à supporter au quotidien.
Notre société est basée sur un binarisme sexuel homme/femme. Il n'existe aucune reconnaissance légale pour le statut des intersexes. Quand on considère la réalité de l'intersexuation, on prend conscience que ce binarisme est une construction sociale infondée. Pourtant, quel poids il a !!
L'Organisation Internationale des Intersexes milite pour la reconnaissance légale et sociale de la réalité des intersexes. Elle est mobilisée pour l'accueil et l'information des intersexes et de leur entourage.
Elle s'efforce de faire comprendre qu'il n'y a pas que deux sexes mais une combinaison infinie de sexes et de genres. Elle refuse le concept du 3ème sexe, lui-même basé sur la reconnaissance des deux premiers sexes.
Elle combat l'idée contre laquelle l'intersexuation est une malformation pathologique à réparer.
Elle affirme le droit des intersexes à s'autodéterminer librement : choix d'un genre dans le mode binaire, ou choix d'être "hors catégorie".
Elle défend les droits de la personne intersexe à exister, et à être reconnue socialement, légalement et médicalement.
Elle dénonce les mutilations dont sont victimes les nouveaux nés intersexués.
Elle agit pour limiter les discriminations, les rejets, les moqueries, sources de souffrance pour les personnes concernées.
Elle pense la personne selon son identité est non selon ses organes sexuels et sa biologie.
Les intersexes sont de plus en plus visibles, pour affirmer leur existence et revendiquer leurs droits et leur conception de la société. |
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octavie Membre active
Inscrit le: 05 Mai 2007 Messages: 448
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Posté le: Sam 23 Fév 2008 12:07 pm Sujet du message: |
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Merci pour toutes ces infos, les filles !
Au festival XXYZ hier soir il y avait une vidéo (un peu trop rapide à mon goût, mais bon...) sur la manif des trans, intersexes et autres personnes se sentant concernées par le problème de l'assignation de sexe et de genre, en juin 2007 à Barcelone : ça avait l'air très bien. (Avec en plus des slogans en catalan ! Youpi ! )
J'irais volontiers à la prochaine. |
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